MACROPHOTOGRAPHIE : MISSION ASCALAPHE

Mi papillon et mi libéllule l'ascalaphe est un insecte qui attire indéniablement l'attention. Son vole très reconnaissable semble inspiré directement d'une soucoupe volante. Ajoutez à ces informations une tête presque sympathique et vous comprendrez tout l'intérêt photographique que je porte à ces charmantes bêtes. Partagez avec moi ces 4 années de rencontre périodique.

 


COURTE DEFINITION

Les ascalaphes sont des insectes fascinants mais avant d'aller plus loin voici la courte description dénuée d’émotion que nous livre Wikipedia :

 

" Les ascalaphes sont des insectes au vol rapide, au corps trapu et avec de longues antennes à l'extrémité en massue. Les mâles ont des valves très développées.

Diurnes, au vol rapide et ondoyant à 2 ou 3 mètres de hauteur, capturent les mouches et autres petits insectes en vol. Se chauffent au soleil sur les plantes, ailes étalées. Vivent dans des biotopes chauds et secs.

Les larves semblables à celles des fourmilions vivent sur le sol, dans la litière et sous les pierres."


 

MON HISTORIQUE

 

Cela fait aujourd'hui prés de 4 ans que les ascalaphes et moi même, nous donnons rendez vous chaque année. Dans ma région Héraultaise l'ascalaphe souffré se montre généralement début juin. 4 ans correspond également au moment où j'ai découvert ce fameux pré où réside tant de vies animales. Ce pré à la particularité d'être envahient d'ascalaphes et libellules durant la saison chaude. Les photos de cet article retracent donc ces 4 années d'observations durant les mois de juin, juillet et quelques fois août.

 

A QUEL MOMENT PHOTOGRAPHIER L'ASCALAPHE ?

 

L'ascalaphe est un insecte assez difficile à discerner et dans la végétation sèche de la saison chaude et quand on s'aperçoit de sa présence à nos pieds son envol nous signifie que nous étions déjà bien trop prés. Comme les libellules et beaucoup d'autres insectes l'ascalaphe est à la même température que son environnement. En dessous d'un certain niveau de température celui-ci  se met au repos sur une tige en attendant de capter à nouveau un maximum de chaleur. Dans ces conditions le matin et le soir sont donc des moments propices favorables à la prise de vue. Entre ces 2 horaires je vous invite à poser votre appareil photo car vous aurez le nez en l'air en espérant que ces magnifiques insectes daignent enfin se poser !

 

ASCALAPHE DU MATIN

ASCALAPHE DU SOIR


 

Mais comme dans toute belle aventure on n'oublie pas ses premières rencontres. Voici donc un de mes premiers cliché d'ascalaphe ...

 


DIS PAPA, COMMENT TU  LES PHOTOGRAPHIES TOI LES ASCALAPHES ?

 

Après de nombreuses heures passées sur le terrain à les observer, ma méthodologie est maintenant bien rodé.

  1. En supposant que le soleil se couche à 21h30, j'arrive sur mon ou mes spots à partir de 19h30-20h et j'observe pendant 15 minutes tout ce petit monde décoller et atterrir. La première étape est de réussir à identifier avec précision le support dortoir de plusieurs ascalaphes.
  2. A partir de 20h30-20h45 la plupart des ascalaphes qui se posent ne redécolleront plus avant le lendemain matin. C'est à ce moment précis que je commence mon repérage et mon recensement ( en général je me limite à 3 pour espérer faire une prise de vue convenable ). La lumière rasante de fin de journée est mon ami dans cette phase car elle permet à contre-jour de mieux repérer ces insectes aux ailes jaunes si particulières. A côté de chaque insecte ( environ 2 mètres) j'abandonne une partie de mon matériel ( sac, trépied ...), Je reviendrai sur les lieux 15-20 minutes plus tard.. Ne pas oubliez de prendre des repères visuels car on à vite fait de passer de longues minutes à le rechercher dans des herbes hautes de 1.20m !
  3. Une fois mes trésors photographiques balisés je m'approche dans ce deuxième temps de manière discrète afin que l'insecte s'habitue à ma présence. Cette phrase dure entre 2 et 5 minutes. Après cette durée je peux m'approcher très près des ascalaphes ( - de 5 cm) et éventuellement repousser la végétation rebelle qui perturbe la composition d'une photo. L'ascalaphe devient alors quelque fois  joueur en tournant autour de l'axe de son support rendant la prise de vue de profil impossible. Seul recours possible : la télécommande !

Voici quelques prises de vues rapprochées rendus possible grâce à cette approche.

 

 

La prise de vue de dessus ( impossible en pleine journée) ... et son résultat !

 

 

Durant cette première phase où je me concentre sur les photos d'ascalaphes version couleurs chaudes à gogo et couché de soleil. Le faît que l'insecte me laisse peaufiner ma composition sans précipitation me convient parfaitement. En dehors des spécifications techniques je ne me concentre que sur 2 paramètres : Une MAP précise et la lumière !




 

 

 

 

 

 

 

 

4. Il est 21h45 et maintenant que la nuit est tombée il est temps pour moi de dire au revoir aux ascalaphes et de rassembler tout mon matériel photographique. Ce ne sera heureusement qu'une parenthèse de courte durée car juste avant de partir de ce pré j'aurai pris soin de marquer l'emplacement de chaque ascalaphe par des repères naturels ( amoncellement de quelques cailloux)  pour mieux les retrouver demain et me concentrer au plus vite sur la prise de vues.  En effet le matin le changement de lumière m'a toujours paru plus rapide que le soir. La lumière a vite fait de devenir trop dure et de créer de sacrés contrastes inesthétiques.

 

Il m'arrive quelques fois lorsque Mr Ascalaphe est coopératif  de m'amuser  à  réaliser un petit recto/ verso dans la lumière du matin. Voici un exemple de cette distraction matinal  (vers 6h30 ).

 


Voici une image qui à beaucoup plus dernièrement de part ses teintes et son bokeh ... et pourtant si vous saviez ! 


 

Comme je ne mets pas de points d'honneur à garder mes secrets de fabrication je vais tout vous dire. Ce bokeh est le résultat ... de mon réflecteur oublié au sol avec son revêtement doré. Quand je me suis aperçu du résultat dans le viseur et sur l'écran de contrôle, j'ai simplement ajusté le placement de l'ascalaphe dans la composition de l'image et voilà ! 

 

De par l' environnement et la lumière qui s'intensifie j'utilise systématiquement la mesure d'exposition spot de mon réflex pour créer de vraies zones surexposées faisant ainsi ressortir au mieux ce sujet de 4 cm ( illustration ci-dessous)

 


Voici quelques images réalisées avec mon smartphone pour que vous rendiez compte de l’environnement dans lequel je photographie ces insectes.


 

Un élément est récurrent dans le sud : LE VENT ! . Le vent est un vrai poison pour celui qui pratique la macrophotographie ou même la proxy photographie. Si vous avez observé les images précédentes vous en aurez déduit que cette végétation est sensible à la moindre bise de vent. Une seule solution : rigidifier le support sur lequel se tient l'ascalaphe. J'illustre ma solution dans les images qui suivent ...

 

LE MATÉRIEL UTILISÉ 


J'ai commencé à photographier les ascalaphes avec un 7D ( Capteur aps-c) et un objectif 100mm Canon. Cependant  mes prises de vues concernant ces insectes ont vraiment pris de l'ampleur quand j'ai pu acquérir un plein format associé à un objectif Sigma 150mm f/2.8 macro  et un multiplicateur X1.4 Kenko.


Plus récemment j'ai pu utiliser l'objectif Sigma 180mm f/2.8 Macr OS ... un sacré objectif. Si le boitier et l'optique sont importants, l'utilisation pour moi d'un trépied est primordiale. En effet 95% de mes clichés sont réalisées sur trépied. Mes fidèles compagnons sont : Le Manfrotto 055XPROB et sa colonne basculante, un mini trépied Berlebach et mon préféré le Gitzo 1542T. 


Peu de photos sont réalisés au dessus de 1 mètre de hauteur. Dans ces conditions le trépied Manfrotto 055XPROB était souvent une contrainte en matière  de poids et de taille inutile ( 3.5kg pour 75cm replié avec rotule). Au niveau de la rotule j'ai une préférence de travail avec les rotules balls bien que la rotule excentrée ne me gène pas. Une affaire de goût sans doute. 


Un autre avantage indéniable du travail sur trépied est la possibilité d'avoir les mains libre pour utiliser un télécommande filaire et la souplesse d'une lampe torche pour apporter un complément de lumière.



De par leur comportement les Ascalaphes permettent une grande variété de prises de vues ... une fois qu'ont les as enfin trouvés ou qu'ils se sont enfin posés !


Ce billet est à présent terminé, je vous laisse avec ces dernières prises de vues de 2015.


Cordialement,


Patrick




J'AIME CET ARTICLE ...

ET JE LE PARTAGE !


Écrire commentaire

Commentaires : 9
  • #1

    CARNET Mathurin (dimanche, 12 juillet 2015 23:20)

    Encore merci pour ce partage, même si je n'ai pas la chance d'avoir cette bête prêt de chez moi, la méthode reste la même pour d'autres insectes. Et avec une telle méthodologie, je comprend mieux l’intérêt/la pertinence du trépied. A te lire, le tout à l'aire tellement facile. Mais je suis sur qu'à essayer cela sera plus ardu.
    Je profite de ce billet pour te demander ton point de vue sur les "points de forces", est ce que c'est un élément important pour toi dans le cadrage ou est ce que tu passe outre ? (enfin je vois que tu ne l'appliques pas toujours sur tes photos, et pourtant elles restent très équilibrés, si tu pouvais nous en dire plus sur toute ta reflexion autour de ça ;) )

  • #2

    Céline (lundi, 13 juillet 2015 14:59)

    Bonjour Patrick,

    C'est toujours un plaisir à lire tes expériences photographiques et tes billets sur le blog !

    Je n'ai pas d'ascalaphes chez moi, mais j'admire tes images

  • #3

    Patrick GOUJON Photographie (lundi, 13 juillet 2015 17:05)

    Bonjour Mathurin,
    Il est vraiment dommage que tu n'ais pas encore eu l'opportunité d'observer ces insectes si atypiques et attachants.
    Effectivement le trépied est une contrainte ( même une sacré contrainte) à déplier, déplacer ou même à ajuster dans un environnement d'herbes hautes. On ne réussi pas toutes ses images ( je dirai même que l'on se prive beaucoup). Cependant le confort d'ajuster une compo au millimètre, la possibilité d'ajuster sa mise au point avec le liveview avec le zoom X10 est incomparable. On n'est plus dans de l'à peu prés. Je dirai même on que l'on sait très vite quand on tiens une très belle image.

    Sur mon boitier le Canon 5D mark II je n'ai pas l'affichage du quadrillage dans le viseur, sauf bien sur quand j'active le liveview. Bien que toutes mes images ne respectent pas cette règle j'essaie néanmoins au maximum de m'appuyer dessus. Plusieurs de mes images ont été construite sur le terrain avec les points de forces mais j'ai procédé lors de mes posts-traitements ( et petits recadrages) à revoir un peu mes compositions pour justement soit équilibrer l'image ou prendre un vrai parti pris.

    Les insectes que je photographient sont souvent dans des environnements chargés, et même si j'utilise une longue focale le bokeh est souvent texturé et fait parti intégrante de la composition de l'image. Tout comme le point de lumière d'ailleurs. Ce sont ces 2 caractéristiques principales qui me font recadrer une image et donc légèrement décaler le sujet sur les points de forces.

    Je ne sais pas si j'ai été très claire sur ma façon d'opérer mais voilà grosso modo ma manière de procéder.

    Cordialement,

    Patrick

  • #4

    Patrick GOUJON Photographie (lundi, 13 juillet 2015 17:07)

    Merci Céline pour ta lecture ainsi que ton compliment sur mes images. Bonne soirée à toi.
    Cordialement,
    Patrick

  • #5

    donlope (mercredi, 22 juillet 2015 15:07)

    Merci pour ce très bel article! J'ai eu la chance de photographier des ascalaphes de temps en temps et j'adore leur apparence générale, avec ces deux antennes qui leur donnent un air si particulier!
    Par contre, mes rencontres ont toujours été fortuites, mais quand je vois tes photos, j'ai envie de m'y mettre un peu plus méthodiquement! Plein de bons conseils qui pourraient d'ailleurs s'appliquer aux libellules je pense.
    Bonne fin de semaine!

  • #6

    CARNET Mathurin (jeudi, 23 juillet 2015 09:25)

    Merci Patrick cet éclairage est le bienvenu.
    Maintenant comme on dit... y'a plus qu'à !

    Au plaisir de lire tes prochains billets

  • #7

    fabrice bertholino (samedi, 24 octobre 2015 10:01)

    Vraiment très intéressant ce blog et ces images et surtout tes petites anecdotes sur
    les prises de vues , les concours , ce réflecteur laissé derrière la prise de vue .etc...
    J aime beaucoup , je m abonne a la newsletter .
    Au plaisir de relire un nouvel article .

  • #8

    Eric Moussant (vendredi, 17 juin 2016 16:05)

    Patrick merci pour cet article, ces photos, très explicites aussi surtout la façon de stabiliser les spots de pose de ces insectes ! La pince sur le mat de blé si je ne me trompe pas, royale, j'en prends bonne note car chez nus le vent est un calvaire en limousin !
    Superbes photos bien sur comme sur le reste des ton site !
    @Eric

  • #9

    Eddy (mardi, 18 avril 2017 13:34)

    Salut Patrick,

    c'est toujours un plaisir d'admirer tes photos et de profiter de tes conseils. Vivement que je revoie des ascalaphes dans le sud en juin !
    Cordialement de Belgique
    Eddy