Macrophotographie : A la recherche de la rainette méridionale

Voilà un peu moins d'un an que j'ai faits la connaissance de cette sympathique rainette méridionale. Habitué à m'adonner uniquement à ma macro/ proxy photographie d'insectes cette rencontre m'a été motivé par 2 photographes de la région Héraultaise. Dominque Migliani qui m'a encouragé à persévérer dans ma zone de recherche et Benjamin Couci qui m'a motivé grâce à son œil pour les repérer.

 

Je me souviens des premières recherches où j’entraînais sans succès pendant des heures mon regard dans la recherche de cette rainette méridionale. Dois-je la chercher plutôt perché ou au sol dans les herbes ?

 

En ce début d'année 2015 je vous invite à revivre avec moi  cette rencontre macro photographique amphibienne.

 


Sommaire

 

1 Le lieu de la rencontre

2  jour 1 : La rencontre

3 Technique de prise de vue

4 Jour 2 : Shooting en duo

5 Rétrospective 2014

6 Conclusion

 

 

 

 

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Le Lieu de la rencontre

Juste avant d'entrer dans la localité exacte de la zone de recherche je vous invite à regarder la zone de répartition de Hyla Meridionalis.

 

Comme vous pouvez le constater sa répartition est vraiment très localisé donc pour tous ceux qui n'ont pas la chance d'habiter dans le sud de la France j'espère que mes indications vous seront précieuses lors de votre prochaine incursion.

 

Direction la maison de la nature à lattes ( réserve naturelle protégé de l'étang du Méjean.

 

 

La maison de la nature à Lattes 

A quelques kilomètres de Montpellier se trouve le site naturel protégé du Méjean. Ce site qui occupe un vaste espace de plus de 400 hectares de zone humide ( Roselières, Marais et étang ...) . Vous trouverez également à l'entrée du site la maison de la nature et son centre de documentation ( En début d'année le photographe Dominique Migliani qui exposait plusieurs de ces œuvres).

 

En plus des rainettes méridionales misent à l'honneur dans cet article vous pourrez apercevoir sur ce site : Hérons, Cigognes, Flamants roses, aigrettes, taureaux, chevaux... etc. Bref ce sont plus de 160 espèces différentes d'oiseaux qui visitent ce site naturel.


Visite guidée

Avant d'arriver à l'entrée du site il va falloir marcher un peu car le parking se trouve à un peu plus de 600 mètres de l'espace naturel protégé. Il faut bien l'avouer même si on longe un ruisseau bordé de verdure, marcher sur du macadam n'est pas particulièrement agréable quand on a un objectif en tête.

 

Le parking et la route qui mène au site.

 

L'entrée du site

 

Une fois la grille franchie j'ai le choix entre 3 sentiers :

  • Le sentier du Flamant ( de 2 à 7km) 
  • Le sentier de la cigogne long de 6km
  • Le sentier des Frênes- sentier des platanes.

Je me dirige vers le centre de documentation où je requiers de précieuses indications sur la présence potentielle de la rainette sur le sentier des frênes. Ces nouvelles informations viennent confirmer les dires de mon ami photographe Benjamin Couci qui a pu en observer les semaines précédentes. 

 

Contrairement au sentier du flamant rose et de la cigogne qui est restreint à des horaires d'ouverture et de fermeture, le sentier des frênes est complètement libre de tout engagement horaire.  Ce qui est bien pratique quand on désire partir à la rencontre des batraciens sans une lumière trop dure et une chaleur trop forte.


 

ça y est je suis parti et la traque commence. Je balaye la végétation qui borde le ruisseau de haut en bas. La végétation n'est pas encore trop dense, une aubaine pour moi pour repérer au mieux cet animal vert sur fond vert !

 

Première constatation de ce mois d'avril : les moustiques sont déjà au rendez-vous dans cette zone humide. Je traverse des poches entières de ces moustiques en prenant garde de ne pas en avaler.

 

Les images qui suivent illustrent le biotope du batracien. 

 

 

Nous sommes au mois d'avril et l'on peut apercevoir un bon nombre de nivéoles d'été. Les iris jaunes quant à eux ne seront véritablement présents que dans un bon mois. Leurs larges et solides feuilles serviront de reposoir de choix pour la rainette méridionale. 

 

 

Cela fait approximativement 45 minutes que je cherche la belle et toujours rien. Je ne désespère pas. Habituellement équipé d'un sac d'épaule j'ai choisi aujourd'hui un sac à dos au portage plus confortable pour une longue durée.

 

J'ai choisi d'apporter aujourd'hui :

  • Mon boitier ( Canon 5D mark II) avec mon objectif fétiche le sigma 150mm f/2.8 Macro
  • Un multiplicateur et doubleur kenko
  • Ma torche Led
  • Des flexibles et diverses pinces
  • Un réflecteur/ diffuseur 5 en 1
  • Un coussin pour protéger mes précieux genoux
  • mon trépied manfrotto 055Xprob ( de plus en plus lourd et beaucoup trop grand pour mon usage finalement ).

J'aurais pu également choisir une plus longue focale pour photographier des cigognes et autres oiseaux très présents mais je sais par expérience qu'il vaut mieux se concentrer sur un seul objectif à la fois !

 

Quand tout à coup j'aperçois une tache verte au sol.

 

La rencontre 2015 avec la rainette meridionale

 

Si la rencontre avec la rainette méridionale me procure toujours une certaine émotion je dois me rendre à l'évidence je ne retirerai aucune photo satisfaisante de cet environnement très encombré. Après plusieurs minutes d'observation je décide de passer mon chemin en espérant revoir un autre spécimen dans un environnement un peu plus aéré. Le terme épuré ici relèverait du miracle.

 

Je n'ai pas dû attendre très longtemps cette fois-ci avec une autre belle rainette se reposant sur un morceaux de bois.

 

 

L’environnement me convenant mieux sans être idéal je décide de poser mes affaires ici et d'essayer de réaliser quelques clichés.  

 

Je réfléchis à différentes prises de vues au préalable avant de procéder aux fastidieux déballages techniques. Je pense, je réfléchis et j'essaie de visualiser dans ma tête un résultat photographique satisfaisant.

 

Il est 11h et la lumière est dure, les contrastes sont violents. La végétation constituée d'herbes vertes et de roseaux morts de couleurs claires sont autant de pièges pour la dynamique de mon capteur numérique.

 

Technique de prises de vues

 

Cette rainette méridionale est coopérative et me laisse installer sans broncher mes accessoires de prises de vues nécessaires à la réalisation des photos macros que j'ai dans la tête. Vous pourrez constater sur les illustrations qui vont suivre que je me suis servi de mon trépied en basculant la colonne. Cette même colonne me sert à fixer mon flexible et mon diffuseur pour atténuer les rayons du soleil ( n’hésitez pas à cliquer sur les vignettes pour les agrandir).


Vous pouvez retrouver plus d'informations sur ces accessoires dans l'article : accessoires studio utiles à la proxy et macrophotographie.

 

 

Après plusieurs essaies non concluants j'en suis arrivé à la déduction que je ne pouvais pas me servir de mon trépied pour photographier au mieux cette rainette méridionale. Ce dernier étant simplement relégué à la fonction de simple support pour mon diffuseur. A ce stade j'arrive à 2 conclusions :

  • Avoir toujours 2 trépieds sur soi
  • Ne pas shooter en pleine journée avec du soleil
  • Avoir un assistant ...

Malheureusement quand des contraintes de matériels et de temps surviennent on fait avec tout en évitant la crise de nerfs !

 

Me voilà donc contraint de compter uniquement sur ma stabilité relative de bipède. Je sais d'avance que je vais devoir multiplier les prises de vues pour espérer avoir quelques clichés bien nets. je sais aussi que si maître rainette venait à prendre une attitude intéressante je serai dans une position inconfortable pour saisir et composer cet instant.

 

Voici 2 clichés relatifs à cette prise de vues que j'ai post-traité sur lightroom 5


 

Sur cette même matinée j'ai eu la chance de croiser 2 autres rainettes méridionales que j'ai pu immortaliser en utilisant le même stratagème ( trépied + diffuseur + photo à main levée). 

Contrairement à mes premières rainettes 2014 que j'avais immortalisées en mai et juin, la taille des rainettes observées en ce début d'année 2015 est pratiquement divisé par 2.

 

Jour 2 : Shooting en duo

 

Même si la pratique de  la macrophotographie et plus généralement la photographie animalière est une activité solitaire, il est parfois agréable de se retrouver entre amis passionnés. C'est donc en compagnie de Benjamin Couci ( que vous verrez un peu plus tard sur les photos) que cette deuxième journée de macrophotographie amphibienne à commencée.

 

C'est d'un pas lent que nos deux paires d'yeux scrutent les roseaux et les ronces. J'ai été stupéfait moi aussi lorsque j'ai remarqué que ces attendrissantes rainettes aimaient se reposer sur cette épineuse végétation. Une confirmation 2015 puisque nos premières rainettes était ... dans de superbes ronces !

Voici quelques images sans intérêt esthétique montrant la difficulté des prises de vue dans cet environnement très encombré. Sur la dernière image on remarquera l'attitude de la rainette après que l'on ait atteint visiblement sa tolérance de dérangement !

 

 

Après que l'on se soit cassé les dents à essayer de tirer quelque chose  de potable de cette situation, on a poursuivi notre chemin et on est tombé sur ceci. Une belle rainette se reposant sur une feuille d'iris. C'est sur cette prise de vues que le terme de binôme  photographe  prend tout son sens !

 

 

Après une installation sommaire du trépied ( essentiellement pour moi car Monsieur Couci n'a que faire de cet artifice qu'il juge trop encombrant). Remarquez la collaboration des 2 individus unis par le partage et la  même passion  :) . 

 

 

Voilà l'image qui est sorti de cette collaboration : Une rainette méridionale sous une aurore boréale !

 

Rétrospective sur la saison 2014 de la rainette méridionale


Mes premières rainettes méridionales 


 

La saison des amours chez les batraciens se situe entre Février et Avril selon l'arrivée du beau temps dans les différents départements de France. Sur le site de la maison de la nature on peut apercevoir de nombreuses minis-rainettes sur les feuilles des ronces ( ou même dans les fleurs) à partir du mois de Mai. Il me tarde de les photographier à nouveau. Cet article sera donc réactualisé en cours de saison.


Vous pouvez retrouver d'autres images de cette rainette méridionale dans la galerie Amphi/ Repti Shoot.

 

Voici quelques clichés sans prétention de ces minis rainettes.

 

Conclusion

 

Cet article illustre une toute petite partie du site naturel protégé du Méjean. Je vous encourage à découvrir ce site si vous résidez dans le département de l’Hérault ou si vous passez par là. N'hésitez pas à vous promener sur les 2 autres sentiers. Cigogne et flamants roses garantis.

 

Vous pourrez découvrir des couleuvres de Montpellier et même si vous avez de la chance des grenouilles bleues.

 

Photographier les batraciens est bien différent de la macrophotographie du seul monde des insectes. Le milieu humide ne facilite pas les prises de vue et il faut s'assurer de la bonne stabilité de soi-même et de son matériel.

 

Il ne faut pas chercher à tout prix à s'affranchir de ces contraintes car ce milieu est fragile et les dégâts que l'on peut infliger à cet écosystème sont vite  important.

 

Outre les aspects techniques  de prise de vues je souhaiterais partager ces quelques conseils :

  • Les rainettes ne sont pas particulièrement craintives si on respecte des précautions à l'approche
  • Bien veiller à avoir les 2 yeux nets quand on la photographie de face 
  • Les rainettes se situent le plus souvent à mi-hauteur ( 50-75cm)
  • Renoncer à des photos quand l'environnement est trop encombré est la plus sage des décisions.

 

En espérant que vous aurez apprécié cet article je vous dis à bientôt.

 

Patrick

 


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Commentaires : 3
  • #1

    Xav (lundi, 11 mai 2015 15:00)

    C'est la saison des "mini-rainettes" !!!

    PS : un "i" semble s'être fait la belle dans le prénom de Mr Migliani .... :)

  • #2

    PATRICK (vendredi, 15 mai 2015 16:58)

    Merci pour ton commentaire Xav. Les minis rainettes c'est plutôt à partir de juin/ juillet. J'ai beau chercher je ne trouve pas mon erreur dans le prénom de Dominique. Peux tu me dire où est ma bourde ?
    Cordialement,
    Patrick

  • #3

    Xav (mardi, 19 mai 2015 11:35)

    Bonjour,
    A la fin de l'article tu écrit : "Sur le site de la maison de la nature on peut apercevoir de nombreuses minis-rainettes sur les feuilles des ronces ( ou même dans les fleurs) à partir du mois de Mai.". J'en déduis donc que la saison des minis-rainettes c'est en mai ....

    Pour la petit erreur dans le prénom : A la deuxième ligne de l'article : "Dominque Migliani qui m'a encouragé"

    Cordialement,
    Xav